DADDY COOL

Par Caire Pomares

 

Adrien (Vincent Elbaz), la quarantaine, se plaît à vivre comme s’il n’avait pas vieilli. Comme tout adolescent attardé qui se respecte, il enchaîne les soirées alcoolisées et n’a aucune ambition professionnelle. Un état des choses problématique pour sa femme, Maud (Laurence Arné), illustratrice à succès assagie par le temps qui, à 35 ans, aimerait fonder une famille. Maud quitte donc Adrien qui refuse la séparation et par le même temps de quitter l’appartement conjugal, et décide d’y monter une crèche à domicile. S’ensuit un enchaînement de situations aussi rocambolesques que péniblement prévisibles.

 

Après Toute première fois, qui décrit lourdement un coming out inversé dans lequel le héros gay se découvre hétéro, Maxime Govare continue d’explorer la comédie romantique avec Daddy Cool, qui loin d’interroger la paternité, le couple à l’épreuve du temps, ou les stéréotypes de genre, pousse ses personnages à l’excès et sert un humour pipi-caca sans grand intérêt. D’ailleurs – au cas où l’on n’est pas bien compris – les hommes ivres qui rentrent de soirée urinent par inadvertance sur des lits, tandis que les enfants sont particulièrement durs à gérer car ils décorent de leurs selles les beaux appartements parisiens.

 

Dans un relais de clichés lourdaud, chacun est bien enfermé dans une case à la banalité barbante. Du côté des premiers rôles, Vincent Elbaz est l’homme fantasque et charmant qui ne veut pas se contraindre aux responsabilités de la vie, et Laurence Arné, la femme chiante qui veut “se poser” et qui perd sa fraîcheur et ses compétences professionnelles sans son conjoint. On n’est pas mieux loti pour les seconds rôles qui dépeignent une vision de la maternité binaire, la mère désespérément aguicheuse et son versant, la mère désespérément déprimée, avec au milieu, un père businessman qui s’en fout de son enfant évidemment.

 

Seul joli moment du film, Michel Leeb entonnant La Chanson des Vieux Amants de Jacques Brel lors d’un anniversaire de mariage arrosé. “Finalement, finalement, il nous fallut bien du talent, pour être vieux sans être adulte”, des paroles censées résonner avec l’intrigue de Daddy Cool mais qui n’en soulignent que les manquements.

En salles le 1er novembre 2017